Conseils de lecture

AMA - LE SOUFFLE DES FEMMES

Manguin Franck/Becq

Sarbacane

21,50
par (Libraire)
20 octobre 2020

Un superbe album pour une immersion dans la communauté des ama, pêcheuses japonaises d'ormeaux.
Un récit sur ces femmes et les femmes, leur travail, leurs obstacles.


Torikai, Akane

Akata Éditions

8,05
par (Libraire)
9 octobre 2020

Un manga fin, intelligent et engagé,

💛Le conseil de la semaine, En proie au silence, est une série de mangas d’Akane Torikai, traduit par Gaëlle Ruel, publiée aux éditions Akata et elle vous est conseillée par Gwenn et Eline :

🔹Nous rencontrons Misuzu, une jeune professeure, plutôt discrète. Nous comprenons dès les premières pages qu’elle cache un lourd secret : elle a été victime d'un viol.
Nous rencontrons également Nizuma, l’un de ses jeunes élèves, au secret tout aussi lourd.

🔹Un josei (le josei étant le pendant féminin du seinen, un genre de manga destiné à un public adulte averti) radicalement féministe dans lequel l’autrice aborde plusieurs sujets hypersensibles, de manière frontale dans certaines scènes, néanmoins tout en nuances dans la psychologie des personnages.
Des questions dures telles que le viol, l’emprise d’un tortionnaire, la question de genre et les “standards” de la virilité sont au centre du propos et analysés finement et intelligemment.
C’est aussi toute une société et ses non dits qui se dévoilent tout comme une jeunesse qui se met littéralement à nue.

🔹A conseiller à celles et ceux qui refusent cette chape de plomb faite de silence et de honte pesant sur les victimes de violences sexuelles, qu’elles soient physiques et/ou psychologiques, adeptes du mangas ou pas. (En revanche âme sensibles…)

📚Une série de 8 tomes parus au Japon dont la publication en France a débuté en janvier 2020.
➡️Vous trouverez les 4 premiers tomes à Gens de la Lune ! A suivre...


Bataille de chats / Madrid, 1936, Madrid, 1936
8,00
par (Libraire)
17 juillet 2020

Anthony Whitelands est un discret universitaire britannique spécialisé dans la peinture du siècle d'or espagnol, particulièrement versé dans l'oeuvre de Velasquez. Son existence terne, seulement animée par une relation adultérine et coupable, est brusquement secouée par une mission qui doit le mener à Madrid. Mandaté par un marchand interlope il doit estimer des tableaux appartenant au duc de la Igualada, on lui fait miroiter une substantielle reconnaissance, tant matérielle que symbolique, une occasion rêvée d'assurer ses arrières et de relancer sa carrière.
Mais Anthony, vite rebaptisé Tonio, arrive en Castille dans une ambiance qui sent la poudre, nous sommes en 1936, le Front populaire vient de gagner les élections, la Phalange s'arme et quelques généraux s'interrogent sur la pertinence d'un coup d'Etat pour "rétablir l'ordre". Malgré lui le discret professeur va s'enfoncer dans des embrouilles de plus en plus abyssales et tomber amoureux, sans jamais perdre de vue un tableau inestimable qui lui fait également tourner la tête. En effet, notre pusillanime sujet de sa majesté n'a rien d'un James Bond...
Bataille de chats – point de félins ici, en Espagne on appelle traditionnellement les madrilènes des gatos, des chats, - est un roman qui cumule de nombreux charmes : le lecteur est plongé dans l'ambiance de Madrid en 1936, par la magie d'un petit tableau on croise toutes les forces en présence : phalangistes, communistes, services secrets, aristocrates conservateurs et irrésolus ; les situations burlesques n'enlèvent rien à la tension générale, l'ambiance s'alourdit au fil des pages, l'intrigue se complexifie à mesure que s'ouvre les chausse-trappes dans lesquelles Tonio ne manque pas de tomber. Les pages sur la peinture sont passionnantes et l'auteur saisit, à la fois avec tendresse et ironie, les hésitations mélancoliques, les atermoiements de ceux qui, faute de mieux, font l'Histoire.
Recommandé pour les amateurs de peinture, de Madrid, de café et churros le matin, déconseillé pour les amoureux des chats abusés par le titre.


Les Saisons

Christian Bourgois

7,50
par (Libraire)
2 juillet 2020

A la tombée de la nuit un homme arrive seul dans un village où l'on n'a pas vu d'étranger depuis longtemps. L'accueil est froid et étrange. Dans cette vallée encaissée, dans ce village cerné de rocailles on ne connaît que deux saisons : 40 mois de pluie automnale et 40 mois d'hiver glacial. On ne s'y nourrit que de lentilles, on ne s'y enivre que de liqueurs de lentilles. Les moeurs de la population sont étranges et dérangeants, le café-hôtel où loge Siméon est d'une crasse époustouflante, tenu par la veuve Ham, une femme énorme contenue dans un corset gigantesque. Que cherche Siméon dans ce coin désolé ? Que va-t-il advenir de lui ?
C'est le genre d'ouvrage qui prenait la poussière dans ma bibliothèque depuis des années, un livre qui m'intriguait et me repoussait à la fois, nimbé d'une légende sulfureuse "un livre atroce, d'une noirceur indicible", mais aussi un livre culte pour beaucoup.
Fascinant, au sens strict et profond du terme, j'ai été fasciné par cet univers étrange, cet imaginaire puissant, par ces vies glauques, ces scènes où l'on ne sait si l'on doit rire ou pleurer, par cette ambiance d'eau, de boue, de pourriture, de glace ensuite, par cette survie animale, brusque, par cette humanité étrange, si éloignée et pourtant si proche, comme une planète des singes. Le livre a été publié pour la première fois en 1965 chez Julliard, puis repris par Bourgois en 1975, l'édition de poche (10/18, 1984) était depuis longtemps épuisée, c'est un événement littéraire de retrouver ce texte en poche, l'écriture simple et élégante n'a pas pris une ride, si vous n'avez pas peur d'être secoués jetez-vous sur cet étrange livre.
Recommandé pour les amateurs de littérature américaine crasseuse, de contes cruels, pour ceux qui se plaignent toujours d'avoir un "temps pourri".


Un peu perdu

Thierry Magnier

9,00
par (Libraire)
2 juillet 2020

Bébé chouette est tombé du nid et se fait aider par un écureuil pour retrouver sa maman !
Une histoire simple et assez courte, pleine de tendresse et d'humour. J'aime beaucoup le style graphique de Chris Haughton : un décor en papier découpé, des couleurs très vives, une alternance entre les pages sur fond blanc et sur fond coloré qui donne une dynamique au livre. D'autre part, chacun de ses ouvrages jeunesse commence par une citation, qui renforce l'idée de deux niveaux des livres destinés aux petits. Pour "Un peu perdu", la citation est extraite de Robinson Crusoé de Daniel Defoe (1833) : "Ainsi nous ne voyons jamais le véritable état de notre position avant qu’il n’ait été rendu évident par des fortunes contraires, et nous n’apprécions nos jouissances qu’après que nous les avons perdues"...
Pour tous les enfants, petits et grands, dès 6 mois. Si jamais cela plaît, n'hésitez pas à jeter un oeil aux autres titres du même auteur : "Bonne nuit tout le monde", "Pas de panique petit crabe", "Oh non Georges !" et "Chut on a un plan", publiés aussi chez Thierry Magnier; ils sont tous disponibles à la librairie Gens de la lune (soit en albums grand format, soit en petits cartonnés).