la mort et la belle vie

Richard Hugo

10-18

  • 21 juin 2010

    Barnes-la-tendresse est un flic de Seattle qui bat des records d’inefficacité dans le dressement des contraventions, préférant passer l’éponge plutôt que récurer. Un flic humain et compréhensif en somme, peut être un peu trop puisque sa gentillesse va lui valoir quelques balles dans la peau. Il obtient sa mutation dans un bled paumé du Montana comme shérif adjoint où il peut méditer à loisir sur sa vocation manquée de poète contrariée par son entrée dans la police.
    Un pêcheur se fait opérer la cervelle à coups de hache. Un second meurtre vulgairement maquillé pour ressembler au premier complique sérieusement l’enquête. Barnes a beau être coulant, les assassinats ça le rend presque zélé. Il n’y a rien qu’il déteste plus qu’un meurtre demeuré inexpliqué. Lorsque l’occasion se présente de résoudre ce massacre de bûcheron psychotique en établissant un lien avec une vieille affaire non résolue, il devient même particulièrement acharné, sans d’ailleurs trop savoir sur quel crime il enquête en réalité.
    Richard Hugo projette son personnage désolant de franchise et de gentillesse dans un monde hypocrite qui cache ses petits secrets sordides derrière un tas de fric et une plastique irréprochable. En forçant Barnes à aller contre sa nature, Hugo en fait la première victime de la société, un idéaliste rêveur fauché par sa noirceur, condamné à se durcir pour ne pas être détruit.