Peur

Dirk Kurbjuweit

La Croisée

  • 14 mai 2018

    harcelement entre voisins

    Le titre est peut-être un peu osé, je vous l’accorde. Je ne suis pas morte de peur à la lecture de ce roman allemand.

    C’est plutôt le narrateur et sa famille qui ont failli mourir de peur, même si c’est leur voisin qui finalement est décédé. (Pas de divulgâchions, on l’apprend dès les premières pages).

    Randolph, dans la confession que nous lisons, nous apprend comment et pourquoi s’est déroulé le drame.

    Nous découvrons aussi l’enfance de Randolph, une enfance particulière avec un père passionné d’armes à feu et qui a tenté d’insuffler sa passion à ses trois enfants.

    Et puis la famille habitait Berlin Ouest, avec son atmosphère si particulière.

    Un roman qui nous fait nous interroger sur nos positions de petits-bourgeois.

    Mais qui pose en toile de fond le rapport des allemands à la peur.

    Une lecture qui ne laisse pas indifférent. Un roman comme je les aime.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des plats compliqués que mange Randolph dans des restaurants étoilés de Berlin. Que de chichis….


  • La peur, Randolph l'a éprouvée dès le plus jeune âge. Il n'a jamais été à proprement parler en danger mais ce sentiment ne l'a jamais quitté pour autant, confronté à un père féru d'armes à feu. Le paternel avait une sacrée collection et toujours un revolver sur lui. Avec le doute latent que son père était capable de tirer à tout moment... Tout va basculer suite à la rencontre avec Dieter Tiberius, un voisin trop envahissant. Jusqu'où peut-on aller pour protéger sa famille ? Voilà le lecteur... complice d'un meurtre. Un roman sur le lien entre l'individu et la société, le rôle de la loi et ses limites. Un homme civilisé confronté à la barbarie. Un régal.


  • par (Libraire)
    1 mars 2018

    Percutant – Hallucinant *****

    Un thriller psychologique qui va s’imprimer dans votre mémoire pour un longtemps moment et changera inévitablement votre façon de donner le bain à vos enfants. (Sylvie Jeanne)

    Pas besoin de beaucoup de cadavres ni de sang pour faire une œuvre marquante. Un seul suffit, monsieur Dieter Tiberius.

    « A l’officier Leidinger, mon père a déclaré avoir tiré sur le locataire du sous-sol ; puis il n’a plus rien ajouré et a gardé son calme pendant toute la procédure. »

    Une histoire hallucinante se dévoile au rythme de pages dévorées. Vous serez envoûté et chercherez à comprendre pourquoi le père d’un architecte renommé en vient à assassiner « l’homme de la cave », le voisin qui habite sous l’appartement de son fils.

    Semer le doute, vous récolterez la terreur et l’effroi.

    « Dieter Tiberius avait laissé une lettre sur le paillasson, trois pages manuscrites. Il disait nous soupçonner depuis quelque temps d’abuser de nos enfants… »

    Les délires salasses d’un homme malade et frustré vont couvrir d’opprobre une famille bourgeoise Berlinoise et permettre au soupçon de s’immiscer dans l’esprit d’un couple sain, aimant profondément leurs enfants.

    Vous serez sous le charme de la belle écriture de Dick Kurbjuweit et de ce récit terrifiant de réalité. Tenu en halène jusqu’à la dernière page.


  • 18 février 2018

    Jusqu'où aller ?

    Le narrateur, époux de Rebecca et bon père de Fee et Paul, explique comment son propre père en est arrivé à tirer sur un homme. Au départ, Dieter Tiberius est juste un voisin un peu trop envahissant. Puis il s’immisce de plus en plus dans le quotidien de la famille, dérangeant Rebecca à tout propos, lui écrivant des poèmes amoureux, observant et commentant (également) les moindres faits et gestes de ses voisins du dessus. Le narrateur tente, dans un premier temps, de mettre fin à ce qu’il considère n’être qu’un conflit de voisinage. Mais quelque chose de plus pervers, de plus asphyxiant est déjà installé. Ni les policiers qu’il contacte, ni son avocat ne peuvent l’aider : la justice est impuissante face à ce type de comportement intrusif « tant qu’il n’y a ni violence, ni flagrant-délit… juste interprétation ».

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