Les Saisons

Christian Bourgois

7,50
par (Libraire)
2 juillet 2020

A la tombée de la nuit un homme arrive seul dans un village où l'on n'a pas vu d'étranger depuis longtemps. L'accueil est froid et étrange. Dans cette vallée encaissée, dans ce village cerné de rocailles on ne connaît que deux saisons : 40 mois de pluie automnale et 40 mois d'hiver glacial. On ne s'y nourrit que de lentilles, on ne s'y enivre que de liqueurs de lentilles. Les moeurs de la population sont étranges et dérangeants, le café-hôtel où loge Siméon est d'une crasse époustouflante, tenu par la veuve Ham, une femme énorme contenue dans un corset gigantesque. Que cherche Siméon dans ce coin désolé ? Que va-t-il advenir de lui ?
C'est le genre d'ouvrage qui prenait la poussière dans ma bibliothèque depuis des années, un livre qui m'intriguait et me repoussait à la fois, nimbé d'une légende sulfureuse "un livre atroce, d'une noirceur indicible", mais aussi un livre culte pour beaucoup.
Fascinant, au sens strict et profond du terme, j'ai été fasciné par cet univers étrange, cet imaginaire puissant, par ces vies glauques, ces scènes où l'on ne sait si l'on doit rire ou pleurer, par cette ambiance d'eau, de boue, de pourriture, de glace ensuite, par cette survie animale, brusque, par cette humanité étrange, si éloignée et pourtant si proche, comme une planète des singes. Le livre a été publié pour la première fois en 1965 chez Julliard, puis repris par Bourgois en 1975, l'édition de poche (10/18, 1984) était depuis longtemps épuisée, c'est un événement littéraire de retrouver ce texte en poche, l'écriture simple et élégante n'a pas pris une ride, si vous n'avez pas peur d'être secoués jetez-vous sur cet étrange livre.
Recommandé pour les amateurs de littérature américaine crasseuse, de contes cruels, pour ceux qui se plaignent toujours d'avoir un "temps pourri".

Un peu perdu

Thierry Magnier

9,00
par (Libraire)
2 juillet 2020

Bébé chouette est tombé du nid et se fait aider par un écureuil pour retrouver sa maman !
Une histoire simple et assez courte, pleine de tendresse et d'humour. J'aime beaucoup le style graphique de Chris Haughton : un décor en papier découpé, des couleurs très vives, une alternance entre les pages sur fond blanc et sur fond coloré qui donne une dynamique au livre. D'autre part, chacun de ses ouvrages jeunesse commence par une citation, qui renforce l'idée de deux niveaux des livres destinés aux petits. Pour "Un peu perdu", la citation est extraite de Robinson Crusoé de Daniel Defoe (1833) : "Ainsi nous ne voyons jamais le véritable état de notre position avant qu’il n’ait été rendu évident par des fortunes contraires, et nous n’apprécions nos jouissances qu’après que nous les avons perdues"...
Pour tous les enfants, petits et grands, dès 6 mois. Si jamais cela plaît, n'hésitez pas à jeter un oeil aux autres titres du même auteur : "Bonne nuit tout le monde", "Pas de panique petit crabe", "Oh non Georges !" et "Chut on a un plan", publiés aussi chez Thierry Magnier; ils sont tous disponibles à la librairie Gens de la lune (soit en albums grand format, soit en petits cartonnés).